samedi 28 octobre 2017

Les Passiflores, des fleurs pleines d'enseignement.


La fleur de  Passiflore comprend :
3 bractées ovales vertes(qui protégeront l'ovaire) 
5 sépales qui ressemblent aux pétales mais s'en distinguent par leur emplacement plus bas et une bande verte au revers
5 pétales; une couronne de filaments sur 2 niveaux qui entourent les poches à nectar.
A l'intérieur, un axe nommé androgynophore porte 5 étamines aux grandes anthères ainsi que 3 styles unis à leur base et terminés par des stigmates en forme de clou ou de bouton selon les espèces.





Les missionnaires espagnols du 17ème siècle évangélisaient les Indiens avec l'aide de cette fleur supposée décrire la Passion du Christ.
Les filaments représentaient la couronne d’épines du Christ , 
Les étamines les cinq plaies, 
Les stigmates les clous et le pistil la croix.

La version longue précise que les feuilles lancéolées rappellent la lance du soldat romain qui acheva Jésus et quand il y a des taches rondes sur le revers des feuilles, ce sont les 30 pièces d'argent reçues par Judas.

La plante a été baptisée "Flos de passionis"en latin (comme il se doit) par Nicolas Monardes (1493-1588), un médecin  botaniste espagnol. Le nom a été "confirmé" par le fils de pasteur qu'était Linné qui a "immortalisé" Monardes en lui dédiant une plante aromatique américaine, la Monarde.


Pour en savoir plus sur les Passiflores qui poussent à Belle-Île, il suffit de feuilleter "Découvrir Belle-Île par le sentier côtier " Éditons Géorama ou d'assister à une visite de l'Eden du Voyageur; la prochaine aura lieu le 29 octobre à 10h30. 


mardi 17 octobre 2017

Coral Glow, une passiflore panoramique.

Cette vigoureuse liane à l'éclat de corail m'a été offerte,  il y a trois ans, par Guillaume Jégo de la Pépinière de Porh Gwen ( On y trouve un grand choix de plantes originales bien adaptées à Belle-Île.).

Elle a supporté sans dégâts les -4°C de cet hiver et s'étale maintenant sur les 12 mètres de la façade sud.

Passiflora Coral Glow, est issue de l'hybridation entre plusieurs passiflores des forêts tropicales d'Amérique du Sud, elle n'aime ni le froid ni le vent.





Les passiflores rouges sont pollinisées par les oiseaux type colibri (comme beaucoup de fleurs rouges). De ce fait, afin que les volatiles qui viennent boire le nectar secrété entre les filaments ne repèrent pas l'ovaire qui va contenir les graines, la plante l'a reculé d'une distance supérieure à celle du bec des oiseaux pollinisateurs.




Les passiflores bleues ou violettes ne se donnent pas cette peine, les abeilles n'étant pas granivores.






Les fleurs s’ouvrent du milieu de la matinée jusqu'en en fin d’après-midi. Elles ne durent qu’une journée mais se renouvellent sans arrêt. 

Passiflora edulis aux spectaculaires longs filaments torsadés est encore plus gélive que Coral Glow. Elle pousse dans une des cabanes-serres de l’Éden du Voyageur et donne des fruits de la passion délicieux. Ses fleurs très éphémères (quelques heures) sont sans doute capables de s'auto-polliniser car à peine fleurie, elles commencent à développer le fruit.



Pour en savoir plus sur l'histoire des plantes de nos jardins, il suffit de feuilleter "Le Tour du Monde Dans son Jardin" Editons Géorama ou d'assister à une visite de l'Eden du Voyageur; la prochaine aura lieu le 25 octobre à 14h30.

mercredi 4 octobre 2017

Festival d'insectes et de fleurs à l'Eden du Voyageur.

La douceur de cet automne permet encore de profiter du jardin ouvert sur rendez-vous au 02 97 31 63 37  

Abeille solitaire et Asclepias tuberosa (Apocynacées du Mexique), cette famille comprend la pervenche et le laurier rose).
Dédiée à Aesculapius, Esculape, dieu grec de la médecine
Produit un nectar prisé par les abeilles mais aussi source de nourriture pour les chenilles du papillon monarque.

La fleur complexe est remarquable car le pollen est regroupé sur des pollinies qui se fixent grâce à une pince sur le corps des insectes visiteurs afin qu'ils déposent les gamètes mâles sur la fleur suivante.
Rusticité - 6°C, peut se ressemer d'elle-même.



Moro-sphinx et Lantana camara (Verbenacées, Antilles, Amérique du Sud)
Lantana en rappelle de la forme des fleurs de la viorme lantane et camara qui vient du grec kamara, et signifie arrondi, là encore selon la forme en ombelle axillaire qui regroupe les petites fleurs tubulaires.
Jaune à maturité, elles rosissent une fois fécondé. Les insectes qui ont trouvé du nectar dans les fleurs jaunes, ont compris le « dress code » et ne cherchent plus dans les autres.
Rusticité – 5°C 




Paon du jour et Sedum spectabile 'Septemberglut' (Crassulacées, nord-ouest de la Chine)

Sedum est le nom donné par Pline à des fleurs de rocailles en forme de coussins.
Corymbe de plus de 10 cm regroupant des petites fleurs étoilées à 5 pétales soudés. Ses feuilles gorgées d'eau sont réputées pour leur vertus dermatologiques.
Rusticité – 15°C, le feuillage disparaît l'hiver.


Xylocope violet et Sesbania punicea 



(Légumineuse, Amérique centrale )
Sesbania vient du nom arabe d'une plante du même
genre et punicea signifie rouge-carmin en latin.
Un arbuste un brin fragile mais spectaculaire au cœur de l'été. Peu exigeant, il supporte bien la culture en pot.
Rusticité -8°C, repart du pied jusqu'à -10°C

POUR EN SAVOIR ENCORE PLUS SUR CES BELLES PLANTES, IL SUFFIT DE PARCOURIR MON LIVRE "LE TOUR DU MONDE DANS SON JARDIN" PARU CHEZ GEORAMA

lundi 18 septembre 2017

Festival de fleurs rares à l’Éden du Voyageur en septembre


Un jardin fleuri, mais avec de nombreuses espèces originales
Une bruyère rescapée et une Légumineuse florifère :Erica vericiliata, une bruyère du Cap, avait disparu de son milieu d'origine. Retrouvée dans les collections des serres de Schönbrunn, elle vient d'être réintroduite à l'ouest de la Montagne de la Table. Le Cassia floribunda, vient des zones subdésertiques de l'Amérique du sud, de l'Afrique et d'Inde, tout comme la bruyère voisine, il ne supporte pas les températures inférieurs à -7°C. A Belle-Île, sa floraison s'étale de juillet à novembre.









Dahlia et Isoplexix canariensi.
 De la famille des Scrofulariacées, originaire de Ténérife, c'est une cousine frileuses de la Digitale qui se plaît à l'Éden du Voyageur où elle se ressème. Ses fleurs orange s'épanouissent en fin d'hiver puis en août, elles assurent alors un original contraste avec le mauve des Dahlia.






Centaurea ragusina, découverte l'an dernier au jardin botanique de Genève, la petite bouture s'est bien développée au soleil dans un massif surélevé. Un des plus gris de tous les feuillages. Floraison jaune en juin, résiste très bien à la séchersse, et au gel jusqu'à -15°C.


Passiflore 'Coral glow', frileuse mais conquérante, floraison de juin à Noël.






Crassula exilis ssp. schmidtii et Aeonium arboreum 'Schwarzkopf', le 1er vient d'Afrique du Sud et fleurit en août/sept. Le second est le cultivar d'un genre botanique présent dans plusieurs îles de Macaronésie. Plante très frileuse (-2°C) mais qui se plaît très bien en pot.




Prochaines visites Mercredi 20 sept et dimanche 24 à 10h30, réservation: 02 97 31 63 37

jeudi 7 septembre 2017

Festival de fleurs à l’Éden du Voyageur début septembre


Les floraisons sont encore plus lumineuses sous la lumière douce de cette saison, les visites ont lieu chaque semaine. 
Horaires et réservation : 02 97 31 63 37

Feu d'artifice de couleurs chaudesTritoma rooperi et Cosmos rivalisent d'éclat pour célébrer cette belle fin d'été.
Le jeu des contrastes:  Reines marguerites 

mauves, Coreopsis jaunes et un infatigable rosier rouge aux fleurs compactes dont j'ai "prélevé" une bouture il y a 2 ans sur un parking de la gare de Vannes





Les stars américaines: Fuchsia 'Blue Sarah' des Antilles; trio de Cuphea du Mexique ; Tagete du Missouri : un cocktail pimenté.






Nuances argentées: Helichrysum macrphylum et Perowskia jouent dans des gammes brillantes pour mettre en valeurs les teintes pastels des Pelargonuim.




Pierre de Ronsard, le plus remontant des rosiers grimpant, sa seconde floraison est éblouissante!














                                                                             Plantes australes:                                                                             l'Aloe striatula du Cap                                                                                             sert de faire valoir aux                                                                                     « fleurs araignées » du                                                                                             Grevillea lanigera                                                                                                   d'Australie.

Les amateurs de jardin qui ne peuvent pas assister aux visites trouveront une foule d'informations passionnantes sur les plantes de l’Éden du Voyageur (et bien d'autres) dans mon livre : « Le Tour du Monde dans son Jardin » aux éditions Géorama

lundi 14 août 2017

Quelques pas sur la Côte-en-dehors de Belle-Île

Dans le cadre du festival du Borduchamp à Borchudan, près de Locmaria, je présente "Hymne à la Lande", une évocation botanique et littéraire d'un écosystème bellilois remarquable. 
Ce milieu naturel a été en effet transformé en véritable agrosystème par les insulaires. Ils ont su pendant un millénaire tenir compte de la capacité d'auto-régénération de l'Ajonc et de la Bruyères, pour l'exploiter durablement, aussi bien comme bois de chauffage, litière, fourrage et même engrais. Les bruyères, très mellifères sont une ressource largement exploitée par la petite abeille noire d'Armorique. 
bruyères vagabondes devant Men Brirh
Les explications de ces particularités sont illustrées par des textes poétiques de Pierre Lieutaghi, un botaniste né à Quimper et spécialiste des relations entre les plantes et les hommes.
Cet Hymne à la Lande permet d'apprécier, d'une part les aspects culturels originaux du milieu agricole insulaire des siècles passés, mais aussi de réaliser que la Lande, qui a fortement régressé dans le massif armoricain, reste encore très présente dans les paysages bellilois dont elle renforce la beauté. 
Callune commune
Les espèces les plus représentées sont : l'Ajonc d'Europe (Ulex europeaus), son écotype de bord de côte l'Ajonc d'Europe maritime (Ulex europeaus subsp. maritimus), un peu en retrait (à partir de 300m), l'Ajonc de Le Gall (Ulex gallii), Les Bruyères vagabondes (Erica vagans), cendrées (E. cinerea), cilliées (E. cilliaris) et la Callune comme (Calluna vulgaris).

Il s'agit d'une Lande primaire littorale 
Elle s'est établie quand Belle-Île s'est détachée du continent, suite à la fonte des glaces et la montée des eaux, il y a 7.000 ans environ. On la dit « climacique », c'est à dire qui évolue dans la mesure où les conditions écologiques restent stables.
L'augmentation du nombre de goélands oblige les nouvelles colonies à nicher sur ces landes car les sites plus près de la mer sont tous occupés commence à modifier le milieu. Leurs déjections apportent de l'azote, ce qui favorise la venue de plantes nitrophiles qui concurrencent les plantes indigènes.


Cela dit, l'ensemble du littoral de la Côte-en-dehors présente un extraordinaire panorama de landes variées, particulièrement spectaculaire, là ou les fleurs jaunes des Ajoncs de Le Gall, fait flamboyer les teintes cuivrées des Bruyères.

Les représentations se situent en complément du programme "Ô mon jardin, Ô ma merveille" présenté par Michel Denance et auront encore lieu jeudi 17, vendredi 18 et samedi 26 août.




jeudi 10 août 2017

Quelques pas avec Do Spillers (3ème partie)

L’enthousiasme du Jardinier est contagieux : comment ne pas admirer l’inventivité dont fait preuve telle plante pour se reproduire, conquérir le terrain, apprendre à se cacher durant les périodes difficiles et renaître quand les circonstances redeviennent favorables. Les plantes, fleurs et arbres, se muent sous nos yeux en un véritable peuple, le végétal alternant stratégies à long terme et coups de génie tactique au profit de l’espèce : la survie comme seul mot d’ordre.

La variété des parterres, la luxuriance des herbes, des fleurs, des buissons de toutes espèces,… peuvent laisser croire à une promenade au cœur d’un jardin tropical de toutes les couleurs. La pourpre des digitales, le safran des pavots de Californie, le bleu des lavandes des Canaries, les nuances mauves des giroflées arbustives ou des géraniums de Madère, nos yeux en prennent plein la vue ! Tout comme les insectes que les plantes ont littéralement appris à utiliser au profit de leur descendance.
Et hop ! Nouveau bond en arrière, juste 125 millions d’années, pour assister en direct – et en Technicolor, s’il vous plaît ! – à l’invention des pétales. Un véritable coup de génie végétal que cette trouvaille des plantes à fleurs qui, jusque là, ne comptaient que sur le vent pour disperser leur pollen !

C’est là que le nombre de plantes à fleurs explosé. Variations de couleurs à l’infini, de formes, de parfums,… tout pour séduire, appâter et même récompenser à coups de nectar papillons, guêpes, bourdons, abeilles ou petits oiseaux. Depuis, chacun y trouve son compte, certaines fleurs ont littéralement transformé la zone d’atterrissage en enseigne de bar, boissons en libre service à l’intérieur ! A l’entrée ou à la sortie du débit de boisson, l’insecte se trouve chargé de pollen… qu’il transportera gratuitement jusqu'aux organes femelles de la prochaine fleur. Merci l’insecte !
Au bout du compte, une descendance : des graines. Quelques unes seulement, ou parfois des centaines. Petit coup de chapeau au pavot somnifère  (Papaver somniferum L. ), détenteur du record en nombre de graines par fleur !

Ici, les vipérines géantes1 se croient à Madère ou aux Canaries : elles montent à plusieurs mètres ; là, tout à côté de la maison, un palmier de 6 mètres planté il y a plus de 30 ans porte sur son « tronc » une orchidée épiphyte2 qui se trouve là aussi heureuse que sous les tropiques. Il faut dire que jardinier d’ici n’est pas revenu les mains vides de là-bas. Toutes les plantes qui nous entourent sont issues de ses propres graines, parfois de boutures ou semis offerts par des amis. Monsanto et Bayer ne font pas fortune avec lui !
Chaque fleur, chaque buisson, chaque arbre a une histoire à raconter. Et le Jardinier traduit pour nous la parole de la fleur, du buisson, de l’arbre. Chaque plante à quelque chose à nous dire à propos de ses origines, de son passé lointain3, du pays d’où il ou elle vient4, de la région du globe d’où un explorateur5 l’a rapportée pour la première fois, des soins que le Jardinier lui a prodigués pour qu’elle profite de l’étonnant climat de Belle-Ile-en-Mer où il a choisi de l’installer.
Dans le jardin qu’il partage avec nous, en ce matin de juin : L’Eden du Voyageur.

À Belle-Ile-en-Mer, le 25 juin 2017.
« Loin, très loin…, là-bas au cœur de la savane, vivait un arbre plus grand et plus vieux qu’aucun autre arbre. Et sous son écorce d’arbre, il abritait toute la sagesse de l’Afrique. […] »
(Do Spillers, L’Arbre qui parle, éditions Milan).
1 Variétés tropicales de la vipérine commune, petite plante de 50 à 80 cm chez nous.
2 Plante qui en utilise une autre comme support, au lieu de pousser en terre.
3 Un brin de paléobotanique n’est pas pour faire peur à notre Jardinier.
4 Un nombre étonnant de plantes de l’Eden du Voyageur proviennent de régions tropicales.

5 Un Jardinier historien, même Carl von Linné n’aurait pas trouvé où le ranger dans sa classification !