samedi 5 août 2017

Quelques pas à l'Eden du voyageur avec Do Spillers (2ème partie)

Dès l’entrée de son Eden du Voyageur, en peu de mots, notre Olitor fabulator (« Jardinier conteur ») entraîne notre petite troupe de visiteurs sur un drôle de toboggan temporel.

Il y a 110 000 ans, voici qu’une armée de glaciers déboule jusqu’au sud de l’Europe.  Un froid sibérien remplace le climat tempéré doux de la période interglaciaire qui précède ! Au passage de ce rouleau compresseur glacé, les reliefs sont bouleversés, la plupart des espèces vivantes sont impitoyablement éliminées. Une vague de froid de plus de 100 000 ans, pensez !… Et le thermostat ne remontera qu’il y a 12 000 ans.

La végétation n’a pas aimé.  Seules quelques plantes ont trouvé le moyen de fuir.
Certains soirs, le vent dans les branches chuchote que certaines ont réussi à revenir. Et – pouvoir magique des mots du Jardinier ! – sous nos yeux, la végétation se met en mouvement pour repeupler la toundra que ce long hiver avait laissée : 400 mètres par an pour la forêt, 1 km par an pour les autres plantes. Oui, les plantes ont migré, comme l’avaient fait, à l’époque, les Homo sapiens de la grotte de Lascaux et leurs voisins de palier, les Néanderthal. S’adapter ou disparaître !
De retour avec nous au 21e siècle, le Jardinier d'aujourd’hui se souvient. Comment il a dû, il y a plus de 30 ans, se mettre d’abord à l’écoute du lopin qu’il venait d’acheter. Bizarrement, pour y planter son jardin rêvé, il fallut d’abord arracher sans pitié : car, au pied des grands pins qui envahissaient le domaine, rien ne pouvait pousser. Ensuite, s’entendre avec le climat particulier de l’île, se mettre au service du terrain, lui offrir des haies arbustives pour le protéger des vents, créer des massifs de plantes qui s’arrangent entre elles. Favoriser les rapports de bon voisinage pour que celles-ci profitent de l’ombrage ou des qualités dispensées par les cousines d’à côté1
Au moyen d’un paillis d’écorces semé sur toutes les zones nues, arriver à préserver le sol du dessèchement en utilisant le moins d’eau possible pour l’arrosage. Il faut dire que le Jardinier voyageur n’est pas revenu ignorant du sud Sahara et de la steppe aride du Sahel où l’eau – quand il y en a – est plus précieuse que l’or. Ce n’est pas avec les arroseuses de pelouses d’Amérique du Nord ou avec l’irrigation des cultures du maïs en France qu’il a appris à gérer l’eau2 !
1Les adeptes de la permaculture n’agissent pas autrement !

2Le maïs est la plus gourmande des cultures irriguées en France. Les Etats-Unis, champions de la consommation d’eau (plus de 250 litres par personne et par jour) en utilisent la plus grand part pour l’arrosage de pelouses !

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